Comme le réaffirme le rapport du GIEC "Impacts, Adaptation and Vulnerability" (GIEC, 2022), le captage et le stockage du CO2 (CSC) joueront un rôle clé dans la réduction des émissions nettes totales de carbone et donc dans l’atténuation du changement climatique mondial. Les champs d’hydrocarbures déplétés et les aquifères salins profonds offrent une grande capacité de stockage potentielle. Cependant, l’injection de grandes quantités de CO2 dans les formations sédimentaires peut entraîner diverses interactions chimiques et physiques induisant des modifications des propriétés de la roches hôte et de couverture qui doivent être évaluées pour garantir l’injectivité et l’intégrité du stockage (Lombard et al., 2010) (Dai et coll., 2020). Aujourd'hui, l’étude de l’impact de l’injection de CO2 dans des réservoirs carbonatés se limite essentiellement à des approches expérimentales court terme. La thèse permettra d’étudier les effets long terme du CO2 à travers le cas d’étude du bassin de Sarawak en Malaisie, où d’importantes teneurs en CO2 sont observées dans certaines zones.
L’étude d’échantillons provenant de zones exposées ou non au CO2 permettra de caractériser l’impact long terme du CO2 sur la formation hôte et sa couverture argileuse, et de proposer des modèles permettant d’interpréter les réponses sismiques spécifiques des zones à forte teneur en CO2. Des expériences d'injection de CO2 seront par ailleurs réalisées sur des échantillons de carbonates. L'objectif de ces expériences est double : 1) comparer les propriétés mesurées après l'injection de CO2 dans des échantillons initialement peu exposés au CO2 aux propriétés mesurées sur des échantillons naturellement exposés à une teneur moyenne ou élevée en CO2 pendant les temps géologiques et; 2) étudier si l'injection de CO2 a un impact différent selon le niveau d’exposition in situ.
elisabeth.bemer@ifpen.fr